Six ans après Indestructible, revoilà enfin Rancid ! Il est vrai qu’entre temps un album de rareté était sorti pour nous faire patienter. Seulement rareté est égal à rebu. Il ne fallait donc pas s’attendre à grand-chose.
Personnellement, Indestructible reste un incontournable de ma discographie. Il m’apparait comme un aboutissement street punk après 15 ans de carrière.
Aujourd’hui c’est donc six années qui se sont écoulées sans un véritable cd. Et si les membres du groupe n’ont pas trop fait parler d’eux ensemble, séparément il y a eu de l’actualité…. Entre les Side Project de Lars Frederiksen (Lars Frederiksen & the Bastards) , ceux de Tim Armstrong : Devils’ brigade et The transplants, son projet solo avec the The Aggrolites et son cancer… Cela sans compter le départ du batteur Brett Reed fin 2006… Tous ces évènements laissaient présager un avenir bien vague pour cette formation mythique.
Quand j’ai aperçu le cd dans les bacs de mon disquaire, je ne vous cacherais qu’il ne m’intéressait pas plus que ça… Avec une « cover » plus que classique pour Rancid, ça sentait le réchauffé à plein nez… Puis, curieux, j’ai décidé de m’y intéresser. Ce qui m’a séduit, c'est la taille de ce « digipack » ! En effet il est composé d’un cd 18 titres « classique », d’un autre reprenant 12 des chansons en acoustique, d’un DVD « Making Of », 3 posters du groupe et 4 médiators à l’effigie du groupe. Certes les derniers points sont réservés aux fans, mais l’idée des deux CDs m’a conquise !
Il est vrai que quantité ne rime pas avec qualité. Cependant après tant de temps sans actualité, on est en droit d’imaginer qu’ils ont pris le temps de ne pas le bâcler.
Let the dominoes fall n’est pas décevant ! On retrouve bien la patte de Rancid sur ce cd. On est dans la continuité de Indestructible : Les chansons sont travaillées (de jolies lignes de basse) et accessibles. Ca semble nettement moins « à l’arrache » ou incisif que And Out come the wolves par exemple et je trouve ça plutôt cool. (C’est là que les puristes sont censés râler).
Là ou la donne change par rapport aux habituels albums de street punk c’est la durée de la galette. Je m’attendais à me manger les 19 titres en à peine 30minutes. Que nenni ! On en a pour 45 minutes. Et ça sans s’en écœurer. Il y a quelques très bons titres : « This Place », « Disconnected », « I ain’t worried » (ou j’ai l’impression d’entendre le chanteur de Liberator), « New Orleans », « Skull City », ou « LA river » (ma préférée). D’autres qui dont penser aux divers side Projects (Par exemple « Up to no good » et « New Orleans » semble être un extrait de A poet’s Life).
Si je ne m’attendais à rien pour ce cd « classique ». J’avais quelques craintes pour la version acoustique ! J’avais peur de retrouver une simple adaptation des compositions à la guitare sèche sans aucune recherche particulière. Cela s’avère fondé pour les reprises de « East By night » et « disconnected» qui semblent bien fade. Chaque autre reprise a sa petite ambiance, son petit cachet. Par exemple « LA River », accompagné de son petit harmonica, semble avoir fait remonter Rancid à l’époque de la ruée vers l’or. « I ain’t Worried » et « Liberty and freedom », avec leur mandoline est indescriptible. Idem pour « This place »
Ce digipack ravira tout le monde : Les grands fans du groupe, aux personnes simplement curieuses.
Concernant les CDs, la version électrique s’écoute facilement et les 45minutes de street punk ne se sentent pas passer. Sans pour autant enchainer gros titres sur gros titres.
La véritable surprise a été sur le cd acoustique où j’ai pris vraiment du plaisir à découvrir ces reprises.
Il y a des CDs qui respirent l’été. Let the dominoes fall en est.
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